
Cette sculpture est-elle un hommage au livre ?
Peu importe le titre des ouvrages…
Exactement. J'ai associé indifféremment les auteurs, les genres, les formats, les langues, les éditions, les couleurs… Il n'y a pas
d'ordre, ni de catégorie. Tous les livres forment un corps unique. Peu importe d'où ils viennent. C'est un grand mélange de cultures à l'image de notre société et de ce que les livres
représentent pour l'humanité.
Avez-vous conscience de transgresser le caractère « sacré » du livre ?
Certains y verront un bûcher ou une montagne d'ordures. C'est l'intérêt de l'art sur l'espace public
: interroger le sens des choses. Cette œuvre pose la question du statut du livre. Je privilégie une approche sensitive d'un objet usuel, qui habite notre quotidien. Un livre qu'on ne lit plus
a-t-il davantage sa place dans une bibliothèque d'ornement que dans la rue ? Si c'est pour décorer, que tout le monde en profite !
Techniquement, comment avez-vous composé votre oeuvre ?
Cette colonne de livres est formée de 6 000 ouvrages. Ils ont été reliés entre eux, puis accrochés à une grille métallique qui enserre une structure de bois. Le corps de l'œuvre est creux. La
pluie, le vent et le soleil vont progressivement l'abîmer, la gonfler, la sécher… Œuvre éphémère sur l'espace public, elle est douée d'une vie propre.
Etes-vous une grande lectrice ?
Je lis beaucoup, en particulier des essais d'art. J'ai aussi commencé le prix Goncourt de l'an dernier. Je viens de l'intégrer dans une
sculpture similaire, à Paris !
Ah l'environnement, quand tu nous tiens !