Dimanche 27 avril 2008

De Mars à Juin 2008,
Le Télégramme organise son
  6ème Prix des Lecteurs



Ce prix a pour but de récompenser un roman, récit ou témoignage d’un auteur vivant, français ou étranger. Il s’inscrit dans la volonté du Télégramme d’accorder une place de choix à la culture en général et à la littérature en particulier.
De mars à juin, les lecteurs lisent, rencontrent les auteurs, élisent leur coup de cœur. L’opération s’appuie sur le réseau des bibliothèques et des librairies bretonnes qui mettront les livres en avant, distribueront les bulletins d’inscription, accueilleront les rencontres avec les auteurs.

Le prix doté de 10 000 € sera remis à l’auteur lauréat en juin 2008. 30 bulletins d’inscription seront tirés au sort et ces lecteurs recevront chaque mois pendant un an des chèques-lire d’une valeur de 15 €.

Le Prix des lecteurs du Télégramme qui enregistre plus de 900 inscrits et près de 700 votants, est le prix littéraire qui rassemble le plus de votes.






Romans en lice :
La Baie d'Alger de Louis Gardel (Seuil )
Tribulations d'un précaire de Iain Levinson (Liana Levi)  ***
Intrigue à l’anglaise de Adrien Goetz (Grasset)  ***
La Chaussure sur le toit de Vincent Delecroix (Gallimard)  **
Ton silence est un baiser de Denis Labayle (Julliard)
Un acte d’amour de James Meek (Métailllé)
Palestine de Hubert Haddad (Zulma)
Les Discrets de Arnaud Le Gouëfflec (Ginkgo)
L'interprétation des meurtres de Jed Rubenfeld (Panama)
La femme de l'Allemand de Marie Sizun (Arléa)

Les romans que j'ai lu sont surlignés, cliquez sur les étoiles pour accéder aux critiques !
par Liza / bibliza publié dans : Prix Littéraires
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Mardi 13 novembre 2007
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Le Prix Goncourt des Lycéens a été créé en 1988 par la Fnac en collaboration avec le rectorat de Rennes et avec l'attention bienveillante de l'Académie Goncourt. Il a acquis d'année en année le prestige d'un véritable prix littéraire jusqu'à devenir un rendez-vous incontournable de la rentrée littéraire.
Le jury se compose de lycéens âgés de 15 à 18 ans qui lisent sous la supervision de leur professeur de lettres, une douzaine de romans en deux mois issus de la sélection officielle de l'Académie Goncourt.


Quand j'étais en Deust, en 2003, j'ai participé au Goncourt des Lycéens. Il s'agissait d'encadrer les lycéens et de présenter les auteurs. En effet, pendant deux jours, des classes participant au jeu se sont retrouvées à Rennes pour rencontrer les auteurs. Ces rencontres étaient très intéressantes.
Cette année là, c'est Yann Appery qui l'avait remporté avec son Farrago.
Je trouve cette initiative vraiment très bien. Elle désacralise enfin le Goncourt en montrant que la sélection est accessible à tous.


Je vous rappelle donc la dernière selection du Prix Goncourt 2008 :
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Et c'est Philippe Claudel qui l'emporte, avec Le rapport de Brodeck.
Philippe Claudel, justement, il nous parlait de ses Ames grises, en 2003...
Je ne l'ai pas encore lu, mais il me donne envie... :)
Même si j'étais persuadée qu'Olivier Adam avait vraiment ses chances...



Résumé :
Le métier de Brodeck n’est pas de raconter des histoires. Son activité consiste à établir de brèves notices sur l’état de la flore, des arbres, des saisons et du gibier, de la neige et des pluies, un travail sans importance pour son administration. Brodeck ne sait même pas si ses rapports parviennent à destination. Depuis la guerre, les courriers fonctionnent mal, il faudra beaucoup de temps pour que la situation s’améliore.
« On ne te demande pas un roman, c’est Rudi Gott, le maréchal-ferrant du village qui a parlé, tu diras les choses, c’est tout, comme pour un de tes rapports. »
Brodeck accepte. Au moins d’essayer. Comme dans ses rapports, donc, puisqu’il ne sait pas s’exprimer autrement. Mais pour cela, prévient-il, il faut que tout le monde soit d’accord, tout le village, tous les hameaux alentour. Brodeck est consciencieux à l’extrême, il ne veut rien cacher de ce qu’il a vu, il veut retrouver la vérité qu’il ne connait pas encore. Même si elle n’est pas bonne à entendre.
« A quoi cela te servirait-il Brodeck ? s’insurge le maire du village. N’as-tu pas eu ton lot de morts à la guerre ? Qu’est-ce qui ressemble plus à un mort qu’un autre mort, tu peux me le dire ? Tu dois consigner les événements, ne rien oublier, mais tu ne dois pas non plus ajouter de détails inutiles. Souviens-toi que tu seras lu par des gens qui occupent des postes très importants à la capitale. Oui, tu seras lu même si je sens que tu en doutes... » Brodeck a écouté la mise en garde du maire.
Ne pas s’éloigner du chemin, ne pas chercher ce qui n’existe pas ou ce qui n’existe plus. Pourtant, Brodeck fera exactement le contraire.
par Liza publié dans : Prix Littéraires
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Mercredi 7 novembre 2007
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Daniel Pennac, cet auteur de littérature jeunesse et adulte, s'est enfin vu decerner un prix, le Prix Renaudot. Pennac, je l'ai découvert dans les "Je bouquine" avec la série des Kamo. Et je l'ai toujours suivi, d'un peu trop loin, certes. Mais je suis contente que son talent ait été récompensé !
Bon, j'avoue, je ne l'ai pas  encore lu. Mais celui-là, promis, je le lirai !



Daniel Pennac a reçu lundi 5 novembre 2007 le prix Renaudot pour Chagrin d'école (Gallimard). Daniel Pennac  ne figurait pas parmi les sélections. Son "Chagrin d'école" a recueilli 6 voix, contre 5 (la voix du président du jury comptant double) à Christophe Donner, donné favori, qui avait été pour sa part sélectionné pour "Un roi sans lendemain" (Grasset).
(c)  Prix-littéraires.net



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Chagrin d'école,
Daniel Pennac,
Ed. Gallimard, 2007




L'avis de la Fnac :
« Donc, j’étais un mauvais élève. Chaque soir de mon enfance, je rentrais à la maison poursuivi par l’école. Mes carnets disaient la réprobation de mes maîtres. Quand je n’étais pas le dernier de ma classe, c’est que j’en étais l’avant-dernier. (Champagne !) Fermé à l’arithmétique d’abord, aux mathématiques ensuite, profondément dysorthographique, rétif à la mémorisation des dates et à la localisation des lieux géographiques, inapte à l’apprentissage des langues étrangères, réputé paresseux (leçons non apprises, travail non fait), je rapportais à la maison des résultats pitoyables que ne rachetaient ni la musique, ni le sport, ni d’ailleurs aucune activité parascolaire. » Dans la lignée de Comme un roman, Chagrin d’école est donc un livre qui concerne l’école. Non pas l’école qui change dans la société qui change, mais, « au cœur de cet incessant bouleversement, sur ce qui ne change pas, justement, sur une permanence dont je n’entends jamais parler : la douleur partagée du cancre, des parents et des professeurs, l’interaction de ces chagrins d’école ». Daniel Pennac entremêle ainsi souvenirs autobiographiques et réflexions sur la pédagogie et les dysfonctionnements de l’institution scolaire, sur la douleur d’être cancre et la soif d’apprendre, sur le sentiment d’exclusion et l’amour de l’enseignement. Entre humour et tendresse, analyse critique et formules allant droit au but, il offre ici une brillante et savoureuse leçon d’intelligence. Ce Chagrin d’école s’impose déjà comme un livre indispensable.
par Liza publié dans : Prix Littéraires
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Mercredi 7 novembre 2007
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Pour la première fois dans ma vie, j'attendais le résultat du Goncourt avec impatience.
J'étais largement pour Olivier Adam. Mais il est arrivé second ! Bon, c'est déjà bien, d'autant plus que les articles parlent autant du lauréat, Gilles Leroy que du second.
J'avoue que je ne connais le détenteur du Goncourt, mais, allez, dans l'année je le lis !  Dans l'année car j'imagine que les bibliothèques seront prises d'assaut !
Mais voilà, je suis déçue pour Olivier Adam. Peut-être le Goncourt des Lycéens.. ?







g07t.jpgAutour de la table des jurés du prix Goncourt, chez Drouant, quelques minutes après qu'ait été rendu public le nom du lauréat 2007, Bernard Pivot a accepté de revenir sur le choix de Gilles Leroy, récompensé cette année pour «Alabama Song»

 Le choix a été très compliqué. C'était prévu. Au fond, tout s'est passé exactement comme prévu : on ne savait pas qui aurait le prix, mais on savait que ce serait difficile, et très ouvert. Il n'y a pas eu d'empoignades, chacun a dit au départ ce qu'il pensait des livres. J'ai peut-être été le plus long à parler d'ailleurs, avec François Nourrissier. Et puis on a voté... Jusqu'au 10e tour, il faut la majorité absolue. On a compris qu'il n'y aurait pas de majorité absolue. Et la majorité relative n'est arrivée qu'au 14e tour, pour départager Gilles Leroy et Olivier Adam...
C'était très compliqué pour le jury, mais aussi très compliqué pour moi, parce que j'aimais les deux livres. J'ai même voté pour les deux, alternativement. J'aurais voulu que les deux aient le Prix Goncourt...
«Alabama Song» et «A l'abri de rien» sont deux histoires de femmes. D'ailleurs, dans les cinq romans de la dernière sélection, quatre racontaient des aventures féminines. C'est assez étonnant. Le seul où il n'y avait pas de femme héroïne, c'était «le Rapport de Brodeck», de Philippe Claudel, qui n'a pas eu de voix.
Mes deux favoris étaient cependant très différents: l'histoire de Zelda est celle d'une grande bourgeoise qui a beaucoup de qualités et tout pour avoir une vie facile; de l'autre côté, l'héroïne d'Olivier Adam est dans une misère à la fois psychologique, langagière et sociale... Si on lui demandait de juger Zelda Fitzgerald - on n'oserait d'ailleurs même pas lui poser la question - elle répondrait: «elle se fout de moi, elle a tout pour être heureuse et elle ne l'est pas, quelle erreur». Ce n'est pas Zelda qui irait s'occuper des sans-papiers du côté de Calais ou de Cherbourg!
La grande réussite de Gilles Leroy tient à son style très brillant, enchanteur, flamboyant. C'est un livre où l'on passe constamment d'une époque à une autre, avec une grande ambition structurelle et, surtout, un style moderne qui - sans essayer de copier le style du début du XXe siècle- fait de Zelda une femme d'aujourd'hui, avec ses problèmes de solitude, d'alcoolisme, ses rapports avec un mari qui l'étouffe... C'est cela qui m'a conquis dans le livre. D'ailleurs, je l'avais écrit dès la fin août dans le «Journal du dimanche».
Evidemment, il prend le parti de Zelda contre son mari, mais ce sont les droits du romancier: il a le droit de faire ce qu'il veut. Il invente des détails, même si le canevas reste fidèle à la vie de son modèle: elle termine folle dans la vie, elle termine folle dans le livre de Leroy. Cette façon de s'emparer de personnages réels est sans doute une mode, une tendance contemporaine de la littérature. Mais il ne s'agit pas ici pour le romancier d'inventer quand il ignore ce qui s'est passé - ce serait alors du roman historique. Leroy prend de la hauteur par rapport à son personnage, il choisit de la croquer comme un peintre qui aurait eu envie de faire son portrait. Il dit ici qui est Zelda pour lui. C'est elle qui l'obsède, pas Scott Fitzgerald.
Il est sûrement un peu amoureux de Zelda - son mari n'est pas le seul à l'avoir été... Car il fallait aimer cette femme, en effet, pour la rendre aussi séduisante, en dépit de tous ses défauts, son narcissisme, son alcoolisme... Le résultat littéraire est le portrait d'une femme qui vit, qui est constamment dans le mouvement. Celui d'une battante.
Gilles Leroy a également su entrer dans la tête d'une femme. Il n'est pas le premier bien sûr. Flaubert avait déjà fait cela il y a un moment, avec «Madame Bovary», et n'avait pas trop mal réussi son coup... C'est le privilège des grands romanciers: ils se mettent dans la peau de qui ils veulent : un personnage vrai ou un personnage inventé, une femme, un homme ou, pourquoi pas, un transsexuel.
J'ai aussi beaucoup défendu le livre d'Olivier Adam, parce qu'il trouve beaucoup d'échos dans l'actualité. L'héroïne d'«A l'abri de rien» est saisie par une compassion excessive, et se met à oublier ce qu'elle doit à sa famille, son mari, ses enfants. Avec l'Arche de Zoé, aujourd'hui, c'est un peu la même chose qui se produit: on voit des gens qui d'un seul coup, par compassion, par amour des enfants des autres, transgressent les lois et vont au-delà de ce qu'ils doivent faire.
Philippe Claudel n'a eu aucune voix. Mais on savait avant de commencer que sur les cinq romanciers sélectionnés, il était celui dont les chances étaient infimes. Parce qu'il avait eu le Renaudot il y a quatre ans [pour «les Ames grises»], et aussi un peu à cause des «Bienveillantes»: couronner à nouveau un roman qui parlait de la guerre et des camps de concentration, même si Claudel a un talent indiscutable, c'était difficilement envisageable. Il a été la victime de Jonathan Littell, c'est sûr.
Pour les autres, en revanche, on ne pouvait pas savoir, c'était très ouvert : Michèle Lesbre et Clara Dupond-Monod ont chacune failli revenir dans la course ; et même Amélie Nothomb, qui avait été éliminée de la dernière sélection, s'est retrouvée avec une voix cette fois-ci. Sans doute celle de Sabatier, ce n'est pas vraiment un secret...

Propos recueillis par Grégoire Leménager pour Bibliobs





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Alabama Song,
Gilles Leroy,
Mercure de France, 2007


Mot de l'éditeur :
Les garçons des clubs, les jeunes officiers du mess, je les tiens dans ma main gantée de fil blanc. Je suis Zelda Sayre. La fille du Juge. La future fiancée du futur grand écrivain.
Du jour où je l’ai vu, je n’ai plus cessé d’attendre.
Et d’endurer, pour lui, avec lui, contre lui.
Montgomery, Alabama, 1918. Quand Zelda, « Belle du Sud », rencontre le lieutenant Scott Fitzgerald, sa vie prend un tournant décisif. Lui s’est juré de devenir écrivain : le succès retentissant de son premier roman lui donne raison. Le couple devient la coqueluche du tout New York. Mais Scott et Zelda ne sont encore que des enfants : propulsés dans le feu de la vie mondaine, ils ne tardent pas à se brûler les ailes…
Gilles Leroy s’est glissé dans la peau de Zelda, au plus près de ses joies et de ses peines. Pour peindre avec une sensibilité rare le destin de celle qui, cannibalisée par son mari écrivain, dut lutter corps et âme pour exister…
Mêlant avec brio éléments biographiques et imaginaires, Gilles Leroy signe ici son grand « roman américain ».



par Liza publié dans : Prix Littéraires
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